mardi 31 janvier 2017

Affaire Bensoussan : le négationnisme de la tragédie séfarade


Le CCIF, association musulmane, porte plainte contre un juif séfarade pour s’être plaint de l’antisémitisme venu du monde islamo-islamiste (peu importe, ici, le terme choisi).

Le CCIF a-t-il eu la décence de demander tout d’abord pardon aux juifs persécutés par des populations des pays musulmans ? Aucunement. Pas le moins du monde… Comme si cette repentance-là n’avait pas la moindre raison d’être.

L’indécence de cette plainte saute aux yeux de quiconque sait la persécution, les pogroms, les tragédies vécues par les juifs dans les pays conquis par l’islam, à commencer par l’Arabie, puis par la terre d’Israël elle-même.

J’accuse, moi, le CCIF et ses supporters de délivrer un message négationniste de cette tragédie, qui a fini par l’exode de pratiquement tous les juifs des pays musulmans, en tentant d’inverser les rôles : le juif serait le grand méchant raciste essentialisant les pauvres musulmans, et non l’inverse…

Et non l’inverse ? Le monde islamique est judenrein, ou quasiment.
Vrai ou faux ?

Et non l’inverse ? 17 fois par jour, les musulmans observants sont censés répéter dans leurs prières la première sourate parlant de « ceux qui ont encouru la colère de Dieu », et que les oulémas reconnaissent comme étant les juifs, cités dans un autre passage du Coran comme ayant encouru la colère de Dieu.

Vrai ou faux ?

« Les juifs sont nos chiens ! » dit-on couramment dans les manifestations « antisionistes ». 

Lire, à ce sujet, le livre Histoire de chiens, de l’historien du Bund Nathan Weinstock. « Force est de constater que dans le monde arabo-musulman le sous-homme, le « chien », c’est d’abord le Juif », écrit-il.
 
Shmuel Trigano a déjà dénoncé la forme de négationnisme que subissent les juifs orientaux, dans le cadre par exemple de l’opération Aladin, c’est-à-dire avec l’implication d’associations juives plus soucieuses de ménager une politique pro-arabe officielle française que de défendre la mémoire séfarade.

La tribune d’Alain Jakubovicz, de la LICRA (Huffington Post), tançant Georges Bensoussan comme s’il était un débutant, est de la même veine. Il est évident que Georges Bensoussan a voulu dire que l’antisémitisme est enseigné très tôt et très largement, en terre d’islam, et rien d’autre. Peut-être Georges Bensoussan ne s’est-il pas exprimé aussi précisément qu’il aurait pu le faire « à froid ».
À froid… peut-on être toujours « à froid » quand on est un juif issu du monde oriental, et quand on a tout perdu en devant venir se réfugier ici pour s’abriter des pogroms musulmans ? Quand on voit son histoire et sa parole niées et déformées, aujourd’hui, par ceux-là mêmes qui se targuent de lutter contre le racisme ou la haine ?

Peut-être aussi sa phrase a-t-elle été sciemment isolée de son contexte pour la « montrer » au public, comme une preuve du prétendu racisme juif « bien connu ».

Le message implicite perceptible (je ne dis pas qu’il serait volontaire) de cette plainte est on ne peut plus clair pour tous ceux qui connaissent les accusations classiques des antisémites. Le CCIF peut-il prétendre l’ignorer ? Ou ne pas avoir à y prendre garde ?
Lutter contre la haine envers les musulmans est, bien sûr, légitime – mais pas en se moquant des victimes des actes de violence antisémites commis par des musulmans, qui disent leur souffrance et leurs peurs, actuelles.

Elise Elisseievna

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