vendredi 27 janvier 2017

Cette semaine où les primaires ont fait « pschitt »

On dit souvent que c’est fin janvier-début février que commence vraiment une campagne présidentielle, que les cristallisations se font. Ou se défont.

Cette année, les deux grands partis de gouvernement avaient bien fait les choses : chacun sa primaire, avec le souci de remiser les ex-Présidents. Place aux inattendus, à des hommes de conviction qui avaient bien fait l’inventaire des erreurs de leur camp : M. Fillon en novembre, et vraisemblablement M. Hamon dimanche soir.

Mais ce système des primaires destiné à dégager le champ de bataille des candidatures dissidentes, à ne garder qu’une seule tête, vient d’exploser en vol ces jours-ci, à gauche comme à droite.

À gauche, le sketch des seconds rôles Hamon-Valls sur fond de fraudes, de gonflement des scores dans la plus pure tradition socialiste, donne raison à ceux qui, à gauche, ont décidé de concourir hors primaire : MM. Mélenchon et Macron. Hamon et Valls seront à peine bons pour jouer leurs doublures.

Mais c’est à droite, aussi, que la primaire, qui s’était pourtant bien mieux déroulée et avait accouché d’un candidat clair – plus par rejet des deux autres que par adhésion véritable, d’ailleurs -, vient de se fracasser.

Nul doute que M. Fillon va traîner cette affaire comme un boulet et que sa crédibilité sera anéantie, dès qu’il va parler « rigueur », « austérité », « probité ».

Pour la droite LR, que faire ? Continuer à soutenir du bout des lèvres le candidat, c’est prendre le risque du délitement et courir à une défaite certaine.

Refaire une primaire ? Le temps presse. Mais qui appeler pour remplacer le soldat Fillon ? Le battu de la primaire, M. Juppé ? Ce serait drôle…

Car, inévitablement, cette semaine a déboulonné M. Fillon comme chef incontesté de la droite. Désormais, les dissidences vont fleurir de tous côtés. M. Bayrou, qui attendait février, dispose enfin du trou de souris qui lui manquait. Il s’appelle François, il a plein d’enfants comme Fillon, il est vaguement catholique, et lui n’a pas salarié son épouse comme attachée parlementaire ! Bayrou, une bonne doublure Fillon pour ceux qui aimaient ce style d’homme de l’Ouest modéré.

Mais la droite de conviction, la droite exaspérée, vers qui se tournera-t-elle ? Ce qui est sûr, c’est qu’il y a un grand vide à droite, et que les électeurs de droite ne se feront plus prendre à des combines d’appareils, à des solutions de dernière minute. Ils ont bien entendu le « pschitt » Fillon.

Au fait, que disent les derniers sondages ?


 Pascal Célérier

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