lundi 30 janvier 2017

De la Women’s March à Roman Polanski : la guerre des sexes aura bien lieu…

La Women’s March a été largement médiatisée. On parle de « plusieurs millions » de femmes descendues pour protester contre le président Trump. Cette marche s’inscrit dans une période où il n’est pas exagéré de dire que nous assistons à une grande offensive des lobbies prétendument féministes. En témoignent plusieurs faits divers qui ont fait la une des médias.

Commençons par l’histoire de cette blogueuse qui a publié sur Internet le SMS dragueur d’un technicien d’Orange, SMS qu’elle qualifiait de « harcèlement à domicile ». Le bougre l’avait complimentée, sans se douter qu’elle fût une féministe convaincue qui, telle une Lucrèce des temps modernes, ferait connaître au monde cette atteinte à son intégrité. Le licenciement fut évité de peu.

Puis c’est un professeur lillois qui, pour une blague potache, a frôlé le chômage. Constatant que son micro ne fonctionnait pas, il l’avait frappé contre le bureau avant de s’exclamer, tout guilleret : « C’est comme avec les femmes, il faut taper deux fois pour qu’elles comprennent. » Un trait d’esprit jugé « sexiste » par quelques étudiants encartés à l’UNEF qui ont quitté la salle pour aller moucharder à la direction de l’université. La procédure disciplinaire a été abandonnée au prix de plates excuses publiques.

On notera, également, le renoncement de Roman Polanski à présider la cérémonie des César, suite aux pressions de quelques groupes féministes. 

Pourchassé par ces Érinyes vindicatives depuis quatre décennies, le vieillard ne trouvera probablement la paix qu’entre quatre planches ; et encore, si elles ne profanent pas sa dernière demeure. Qu’importe que sa victime ait demandé la cessation des poursuites… Si les victimes pardonnent, ce n’est pas le cas des officines néo-féministes qui imposent leur doxa jusqu’au monde de l’art. On se souvient, en effet, de David Hamilton, ce géant de la photographie, poussé au suicide après des accusations de viol, lancées hors de tout cadre juridique.

Ce qui dérange, dans ces faits divers – outre le recul manifeste de l’humour, de la liberté d’expression et de la liberté artistique –, c’est l’aspect primaire de l’analyse : la féministe est toujours la « gentille » qui s’oppose à un homme inévitablement « sexiste ».
Cette analyse ne prend pas pour base le droit mais une certaine morale. Ainsi, en plus de la loi, il faut se conformer à un code de conduite qui, si on l’enfreint, peut pousser au chômage, voire au suicide. La justice ne se fait plus dans les prétoires en présence d’un avocat, mais sur des plateaux télévisés et les réseaux sociaux où notre nom peut être jeté en pâture à une populace avide de lynchage. Contrairement à la justice ordinaire, celle de la morale féministe condamne toujours à perpétuité : comme elle a condamné Polanski, sans possibilité d’amnistie.

Allons-nous vers une guerre des sexes ? Si c’est le cas, elle nuira aussi bien aux hommes qu’aux femmes, et débouchera vers une société dévirilisée et déféminisée. Si beaucoup de civilisations ont été tout à fait égalitaires, voire matriarcales, aucune d’entre elles ne s’est bâtie sur une idée d’interchangeabilité. Le matriarcat me semble bien meilleur qu’une telle société d’êtres indifférenciés biberonnés à l’ABCD de l’égalité.

 Nicolas Kirkitadze

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