vendredi 20 janvier 2017

Les primaires de la gauche : quelle mascarade !


Aux États-Unis, les primaires sont une forme institutionnelle prévue depuis la fin du XIXe siècle. Les Français ont vu dans cette pratique un moyen hautement démocratique pour départager, en prévision de l’élection présidentielle, le candidat le moins nul parmi cinq ou six autres… Car du nombre sort toujours la vérité, c’est bien connu.
Vous imaginez, Jaurès, Clemenceau, de Gaulle, Mitterrand et même Chirac, placés en arc de cercle, derrière un pupitre insignifiant, devant les caméras de télévision, défendre leur bout de gras… pour, évidemment, l’intérêt de la France ? Ceux-là avaient une stature qui en imposait et vers laquelle convergeaient instinctivement les militants. C’est une loi de la nature qui veut que le chef ait du charisme et exerce son ascendance sur les foules. 

Or, aujourd’hui, si nous avons l’embarras du choix, aussi bien à droite comme à gauche, c’est tout simplement que les candidats ne valent pas un clou et qu’ils s’égalisent donc dans la nullité, nullité de leur personnalité d’abord, et dans leurs idées ensuite. Si Sarkozy, durant son quinquennat, n’avait pas passé son temps en gesticulations dignes parfois d’une petite gouape, et si Hollande, durant son quinquennat, s’était tenu comme on l’attendait de lui, les militants, dans leur grande majorité, se seraient portés tout naturellement vers leurs candidatures.
 Mais les Français sont les premiers responsables de cette misère politique. Quand on pense que dans ce pays qui a créé les Lumières, qui sont à l’origine du progrès de la condition humaine, il n’y a pas un intellectuel — pas un ! — pour dénoncer la tyrannie du système économique et pour crier haut et fort à l’obsolescence du système politique et, donc, pour proposer — pas enfermé dans son petit pré carré franchouillard mais ouvert à d’autres dans le monde — un projet politique qui soit, enfin, l’incarnation d’un vrai humanisme. C’est à désespérer !

Quel péché avons-nous donc commis pour en être arrivés là ? On dit que le seul animal qui chante quand il a les pieds dans la merde, c’est le coq. Rien d’étonnant à ce qu’il soit l’emblème de la France ! Au secours !

Philippe Arnon

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