mercredi 25 janvier 2017

Mélenchon appelle au retrait pur et simple du PS : et pourquoi pas ?




Jean-Luc Mélenchon a parfois des accents à la Georges Marchais. Comme lui, c’est un tribun, un bateleur d’estrade capable de faire rire ses adversaires. Comme lui, il peut faire preuve d’une insigne mauvaise foi. Comme lui, il n’a aucun complexe et il ose tout. N’ayant rien à perdre, il se permet quelques sorties qui enchantent ses partisans et amusent les journalistes.

La dernière en date est toute fraîche : à la suite de la primaire de la gauche, Méluche ne propose rien d’autre qu’un retrait pur et simple du PS de la compétition ! Rien que ça ! Du Georges Marchais version 1977 : « Ils sont en cinquième position derrière nous. Est-ce si malheureux que ça ? À quoi bon un candidat socialiste ? Pour quoi faire ? » À croire qu’il a été inspiré par Le Gorafi, qui titrait lundi 23 janvier : « Primaire de la gauche : la totalité des candidats éliminés dès le 1er tour. »

Il est certain que, pour lui, la première place de Benoît Hamon n’est pas une bonne nouvelle. Le vainqueur du premier tour, plutôt ancré à gauche, semble éloigné des postures libérales démocrates d’un Manuel Valls. À première vue, s’il devait l’emporter, il pourrait bien rafler des voix au camarade Jean-Luc, qui comptait bien sur le double rejet de Macron et de Valls pour s’affirmer comme l’unique candidat de gauche face aux forces-réactionnaires-de-droite-et-d’extrême-droite. Macron n’est pas un homme de gauche et Valls a contre lui le bilan calamiteux d’un gouvernement auquel il a participé comme ministre de l’Intérieur puis comme Premier ministre, et dont il s’est échappé trop tard pour être crédible.
Mais les choses ne sont pas si simples. 

D’abord, Hamon n’a pas encore gagné. Et même s’il gagne, cela ne le qualifie pas pour le deuxième tour de la présidentielle. C’est peu de dire que l’état du PS relève du coma dépassé, que le quinquennat qui s’achève en interminable agonie ne suscite que railleries et quolibets, et que porter l’étiquette socialiste à notre époque n’est pas le meilleur moyen d’emporter une élection. Sans compter que, comme chez ses cousins de LR, le Parti socialiste est profondément clivé. Nul doute que ses électeurs bobos, adorateurs d’Anne Hidalgo, préféreront sans doute le libéral libertaire Macron au sectaire Hamon, représentant de cette vieille gauche moisie sous les calicots du 1er mai…

Alors Mélenchon pourrait bien – n’en déplaise aux journalistes de France Info – dépasser le candidat PS, quel qu’il soit. Ce qui serait une révolution, pas faite pour déplaire à l’intéressé. La déliquescence de la gauche est désormais telle qu’un candidat affirmant haut et fort ses idées socialistes a sans doute plus de chances de l’emporter que ses anciens camarades de la rue de Solférino. Mélenchon a, de surcroît, un atout majeur : tout extrémiste qu’il est, il n’est pas plombé par la diabolisation qui frappe ses concurrents de la droite nationale, envers lesquels il fait preuve d’un certain fair-play. C’est lui qui a appelé les banques à lever le tabou sur le financement du Front national… De là à croire qu’il espère une confrontation avec Marine Le Pen, il n’y a qu’un pas.

Hélas pour lui, et peut-être aussi pour le spectacle politique à venir, il est peu probable qu’il parvienne au deuxième tour. Mais si cela devait arriver, cela nous réserverait des débats homériques et virils. Et la jubilation d’écouter ses concurrents PS et LR donner des consignes de vote…

François Teutsch

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