mardi 31 janvier 2017

Victoire de Benoît Hamon : rassemblement ou éclatement du PS ?

Benoît Hamon l’a donc emporté assez largement : environ 58% contre 42%. Il n’y avait guère de suspens. François Fillon lui-même, quelques heures auparavant, mentionnait le « revenu universel » d’un « rêveur » socialiste. Et le camp Hamon, qui avait choisi la « Mutu » pour se réunir, n’a pas attendu l’annonce des résultats pour trinquer.

Il faut dire que la campagne de Manuel Valls était difficile : défendre à la fois le bilan de François Hollande et apparaître comme un homme nouveau, autant vouloir faire passer un chameau par le chas d’une aiguille. Dans ses conditions, son concurrent, le promoteur du « futur désirable », avait toutes ses chances.

Manuel Valls a réagi le premier, sans enthousiasme : on l’entend prononcer les mots « loyauté », « respect des engagements pris ». Il reconnaît que son rival devient « le candidat de notre famille politique ». Mais il fait surtout l’éloge de son « réformisme » et de son action. 

Il se met en réserve et désigne l’ennemi : « Nous refusons que le visage de Marine Le Pen soit celui de la France », lance-t-il. Même rejet de François Fillon.

Benoît Hamon, généralement plus policé, prend la parole avant qu’il ait terminé son discours. Il reparle de son « futur désirable » et se veut le grand rassembleur : les socialistes d’abord, puis la gauche et les écologistes. Dès lundi, il prendra contact avec Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot.


Bizarrement, tous deux ont oublié de faire référence à Emmanuel Macron.

Pourtant, des parlementaires socialistes s’apprêtent à se mettre « en marche » à ses côtés. Et quelle sera l’attitude de François Hollande, Bernard Cazeneuve et la plupart des ministres ? Imagine-t-on qu’ils vont soutenir l’homme qui, depuis qu’il a quitté le gouvernement, a passé son temps à dénigrer leur action ? Manuel Valls lui-même avait déclaré, vendredi matin, sur BFMTV qu’il resterait loyal si Hamon l’emportait, mais qu’il ne défendrait pas le programme de son adversaire : il « s’effacerait ».

La victoire de Benoît Hamon à la primaire, ce n’est pas le début d’un renouveau pour le Parti socialiste : c’est son éclatement assuré – il avait déjà bien des fêlures ! À moins d’un improbable rapprochement avec Mélenchon, il court à l’échec. Manuel Valls n’a pas, dit-il, de « rancœur » : il attend sa revanche. Si Hamon fait un score ridicule au premier tour des présidentielles, il pourra se poser en rassembleur.

Au fait, on a appris que Benoît Hamon avait trouvé le temps de regarder la finale du Mondial de handball. Un point de ressemblance avec François Hollande. Mais un mauvais présage pour lui !

Jean-Michel Léost

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